L'Attachement chez l'enfant

L'ATTACHEMENT CHEZ L'ENFANT

Au cours d'une messe,  un missionnaire est intervenu pour raconter son expérience dans un orphelinat ougandais.

Malgré le nombre élevé de bébés présents, à l'orphelinat il régnait un silence absolu: aucun des petits ne pleurait ou ne se plaignait.

Le missionnaire, incrédule, se tourne vers une infirmière. La réponse a été choquante: "Une semaine après leur arrivée, et après avoir pleuré pendant des heures interminables, les enfants cessent de pleurer quand ils se rendent compte que personne ne viendra pour eux..."

 

Source : https://spotlightstories.co/wife-climbs-crib-viral-post/

Contexte historique

La théorie de l’attachement est née dans le contexte historique de la 2eme guerre mondiale qui a entrainé séparations, traumatismes et deuils.

Il y avait un nombre important d’orphelins, d’enfants marqués par la guerre, d’enfants recueillis par les institutions. 

Les médecins et les psychiatres se sont alors intéressés au devenir de ses enfants et du rôle que jouait l’institution dans la construction psychique de ses enfants.

Theorie de l'attachement - origine

Théorie de l’attachement :Une théorie née de l’étude de la séparation

Théorie de l'attachement - Sylvie Fraenkel

Parmi les pionniers qui se sont consacrés à l’étude de ses enfants, et qui ont précédé la théorie de l’attachement, se trouve  René Spitz (1887-1974).

Il a démontré qu’une séparation prolongée d’un enfant de sa mère ou de son père sans lien affectif de substitution,  peut aboutir à de graves perturbation psychologiques (régression dans les apprentissages, léthargie,  arrêt de la croissance, mouvement bizarre, incapacité à marcher, parler etc..) pouvant aller jusqu’à ce qu’il nomme une dépression anaclitique. Si la séparation prolongée intervient dans le 2eme semestre de vie cela peut conduire à l'hospitalisme ou à la mort (l'enfant se laisse dépérir).

John Bowlby : Le père de la théorie de l'attachement

Parmi la communauté des psychiatres et psychanalystes, L ’école anglaise était très active sur l’étude des enfants et de la séparation : Mélanie Klein (psychanalyste) , Anna Freud (psychanalyste), Donald Winnicott (pédiatre et psychanalyste) et parmi eux John Bowlby (psychiatre et psychanalyste).

Ce dernier se distingue de ses consœurs et confrères par le fait qu’il intègre dans sa réflexion et ses travaux la théorie de l’évolution des espèces (Darwin) et l’étude des comportement des animaux en milieu naturel (éthologie).

Bowlby a une approche évolutionniste :  les espèces qui survivent sont celles qui développent des programmes d’adaptation à l’environnement permettant la survie de l’espèce à travers le temps.  Chez les animaux, notamment les mammifères, les bébés sont vulnérables et incapable de survivre sans l'aide et le soutien d'un adulte. Pour Bowlby, la tendance à "s’attacher" serait un programme qui pourrait avoir hérité de cette fonction biologique.

 

Ainsi l’attachement serait une fonction participant à la survie de l’espèce. Comme le bébé ne peut pas se réfugier auprès de l’adulte, il est indispensable de faire venir l’adulte au bébé à travers divers comportement d'appel (sourire, gazouillis, regard, pleurs, cris, ....) ou comportement d'attachement

Johh Bowlby a consacré sa vie à étudier comment les premières expériences de l'enfant deviennent un prototype pour ses expériences ultérieures et comment l'expression du moi trouve sa source dans les relations avec ses parents.

Il a étudié les effets des hospitalisations des enfants (à l'époque, les parents n'étaient pas autorisés à rester au chevet de leur enfant) et montré que même une brève séparation aggravait la souffrance de l'enfant.

 

L'attachement : une réponse au besoin de survie

L'attachement est avant tout un processus biologique. Dès la naissance, le bébé est programmé pour "s'attacher" parce que c'est nécessaire à sa survie. 

Le bébé est programmé pour aller chercher et obtenir de la sécurité de la part d'un adulte privilégié qui deviendra une figure d'attachement (FA). 

C'est à travers ce lien avec cette FA, que le bébé va développer sa capacité à réguler ses peurs, sa capacité à accueillir et réguler ses émotions, sa confiance en soi et son estime de soi. C'est à travers ce lien subtil que se développe l'autonomie en confiance.

Traumatisme de l'attachement - Sylvie Fraenkel

En cas de danger (interne ou externe), le système d'attachement du bébé s'active afin d'obtenir la curité physique et émotionnelle dont il a besoin. Pour cela, il réclame la proximité d'un ou des adultes qui prennent soin de lui par des comportements d'appel (ou comportement d'attachement)  qui évoluent avec l’âge : rire, sourire, pleurs, couinement, chouinement, agrippement, poursuite oculaire, regard, gazouillis, etc.

Ces personnes deviennent les figures d’attachement (FA) pour l’enfant. Ce sont généralement les parents mais cela peut être aussi un grands-parent,  un oncle ou une tante, une nounou etc ; 

Le Bébé « apprend » que la proximité lui permet d’obtenir le réconfort dont il a besoin pour réguler ces états internes. Au fil du temps, le besoin initial de proximité deviendra un besoin de disponibilité puis d'accessibilité. (En savoir plus)

En fonction des réponses qu’il obtient, il va adapter et modifier ces comportements d’appel en fonction de son besoin. 

Ce système constitue le Système d’attachement (SA). 

 

Le lien d’attachement se tisse au fil du temps à travers les interactions avec la FA. L’enfant gardera une empreinte de ses interactions dans sa mémoire implicite. C’est la mémoire des automatismes et des procédures.  Bowlby appelle cela le MIO - Modèles Internes opérants. 

Plus la personne est dépendante plus la relation avec la figure d’attachement est indispensable à sa sécurité. C’est pourquoi les enfants et les personnes âgées ont besoin de soin rapprochés ; 

Les émotions font partir de notre vie. Elles passent par le corps et nous permettent de sentir notre état intérieur. Apprendre à les réguler est une fonction essentielle de l’attachement. C’est à travers ce lien de sécurité que le bébé « apprend » à réguler ses émotions pour ensuite s’en servir pour communiquer avec l’extérieur. 

Je stress à je le signale par un comportement d’appel qui sera différent selon son besoin à réconfort – Sécurité

Lien avec TPV

L’état de dépendance dans lequel se trouve un bébé le rend extrêmement vulnérable ; une relation avec un adulte est vitale pour lui apporter la sécurité et la protection dont il a besoin.

Par ailleurs, un bébé ne peut pas réguler ses émotions. Son système nerveux autonome n’est pas mature et ne lui permet pas cette régulation émotionnelle ; Le bébé a donc besoin d’un adulte pour que ce dernier régule ses émotions. Le bébé a besoin de co-régulation pour réguler ses émotions et c’est par ailleurs à travers la co-régulation qu’il va apprendre à s’auto-réguler ;

Ainsi, en cas de danger (interne ou externe), le bébé ne sait pas y faire face seul et ne sait pas réguler les émotions que cela provoque. Le bébé est soumis à du stress qu’il est incapable de gérer. Le bébé signale alors son besoin de protection (physique et émotionnel) en réclamant la proximité de ses parents par des comportements d’attachement qui évoluent avec l’âge : rire, sourire, pleurs, couinement, chouinement, agrippement, poursuite oculaire, regard, gazouillis, etc.

Ces  comportements d’attachement  ont pour objectif d’appeler le ou les adultes qui prennent soin de lui (régulation de proximité) et d’obtenir l’attention et les soins dont il a besoin (régulation physique et émotionnelle). Ces personnes deviennent les figures d’attachement (FA) pour l’enfant ; Ce sont généralement les parents mais peut peut être un grands-parents,  un oncle ou une tante, une nounou etc ; 

Le Bébé « apprend » que ces comportements d’attachement lui permettent d’obtenir (ou pas) le réconfort dont il a besoin pour réguler ces états internes. En fonction des réponses qu’il obtient, il va adapter et modifier ces comportements d’appel en fonction de son besoin. 

Ce système constitue le Système d’attachement (SA). 

 

Le lien d’attachement se tisse au fil du temps à travers les interactions avec la FA. L’enfant gardera une empreinte de ses interactions dans sa mémoire implicite. C’est la mémoire des automatismes et des procédures.  Bowlby appelle cela le MIO - Modèles Internes opérants. 

Plus la personne est dépendante plus la relation avec la figure d’attachement est indispensable à sa sécurité. C’est pourquoi les enfants et les personnes âgées ont besoin de soin rapprochés ; 

Les émotions font partir de notre vie. Elles passent par le corps et nous permettent de sentir notre état intérieur. Apprendre à les réguler est une fonction essentielle de l’attachement. C’est à travers ce lien de sécurité que le bébé « apprend » à réguler ses émotions pour ensuite s’en servir pour communiquer avec l’extérieur. 

Je stress à je le signale par un comportement d’appel qui sera différent selon son besoin à réconfort – Sécurité

Un nouveau-né dépend totalement de ses parents pour son bien-être.

Et comme son existence dépend de l'obtention de leur affection, il fera tout pour ne pas les perdre. Il utilisera toutes ses ressources dès le premier jour, comme une plante qui se tourne vers le soleil pour survivre. 

"le drame de l'enfant doué" d'Alice Miller

Theorie attachement - Sylvie fraenkel

Au tout début 

Dans une perspective évolutionniste, l’attachement est une fonction adaptative de protection et d’exploration où la «figure d’attachement » constitue une base de sécurité pour l’enfant. Ce système comportemental, également présent chez les animaux, serait instinctif. Il se met progressivement en place durant les deux à trois premières années de vie de l’enfant.

Lorsque l’enfant se sent protégé et en sécurité, le système d’attachement est inactif ce qui permet à l’enfant d’activer le comportement d’exploration qui l’incite à s’ouvrir au monde extérieur. Cependant, la présence de menaces (symboliques ou réelles) et la perception de la figure d’attachement comme distante, non suffisamment disponible ou inattentive aux besoins de l’enfant, activent le système d’attachement.

figure d’attachement » constitue une base de sécurité pour l’enfant. Ce système comportemental, également présent chez les animaux, serait instinctif. Il se met progressivement en place durant les deux à trois premières années de vie de l’enfant.

Lorsque l’enfant se sent protégé et en sécurité, le système d’attachement est inactif ce qui permet à l’enfant d’activer le comportement d’exploration qui l’incite à s’ouvrir au monde extérieur. Cependant, la présence de menaces (symboliques ou réelles) et la perception de la figure d’attachement comme distante, non suffisamment disponible ou inattentive aux besoins de l’enfant, activent le système d’attachement.

Base de securité

L'attachement ... le point de départ vers l'autonomie

Dans une perspective évolutionniste, l’attachement est une fonction adaptative de protection et d’exploration où la «figure d’attachement » constitue une base de sécurité pour l’enfant. Ce système comportemental, également présent chez les animaux, serait instinctif. Il se met progressivement en place durant les deux à trois premières années de vie de l’enfant.

Lorsque l’enfant se sent protégé et en sécurité, le système d’attachement est inactif ce qui permet à l’enfant d’activer le comportement d’exploration qui l’incite à s’ouvrir au monde extérieur. Cependant, la présence de menaces (symboliques ou réelles) et la perception de la figure d’attachement comme distante, non suffisamment disponible ou inattentive aux besoins de l’enfant, activent le système d’attachement.

figure d’attachement » constitue une base de sécurité pour l’enfant. Ce système comportemental, également présent chez les animaux, serait instinctif. Il se met progressivement en place durant les deux à trois premières années de vie de l’enfant.

Lorsque l’enfant se sent protégé et en sécurité, le système d’attachement est inactif ce qui permet à l’enfant d’activer le comportement d’exploration qui l’incite à s’ouvrir au monde extérieur. Cependant, la présence de menaces (symboliques ou réelles) et la perception de la figure d’attachement comme distante, non suffisamment disponible ou inattentive aux besoins de l’enfant, activent le système d’attachement.

Les 4 styles d'attachement chez l'enfant 
 

Les travaux de Mary Ainsworth

La situation étrange

Grace à cette expérience Mary Ainsworth a pu élaboré les différents styles d'attachements en étudiant les réactions d'un bébé dans des situations de stress. 

 

 

Il s’agit d’une  expérience qui consiste à placer un bébé dans une pièce qu'il ne connait pas  avec une étrangère et à le confronter au départ, puis au retour de sa mère. L’observation des réactions de l’enfant à la séparation et aux retrouvailles permet d’inférer ses attentes par rapport à la disponibilité et la présence sécurisante de la mère. En cela, la Situation Etrange (SSP) nous renseigne sur le MIO qu’il a formé de sa relation avec elle. Cette procédure a ainsi permis d’identifier différentes stratégies d’attachement, chacune correspondant à une manière particulière d’orienter son attention par rapport à l’anxiété ressentie et tout ce qui est susceptible de la raviver.

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